MAMAN POULE ET SON POUSSIN COQ

MAMAN POULE ET POUSSIN COQ

Maman poule et le poussin coq de ses dames.


Là où vous voyez un sublime irrésistible coq fier comme un pou, moi je vois juste un poussin apeuré et gâté.


Je l'observe et avec mes yeux de scruteuse à la loupe de l'Inconscient, je m'amuse à peindre dans ma tête la scène complète avec la partie visible, la scène et la partie non visible, celle qui se passe derrière, dans les coulisses du théâtre de la vie, et je dépeins tout ce qui peut animer un poussin qui se prend pour un coq irrésistible et une maman poule qui se prend pour une poule irremplaçable. 


Le poussin à l'allure de coq majestueux ne peut se passer de maman poule.

Si elle lui échappe, il passe à la suivante.
Il veut faire de celle qu'il a choisie sa maman poule maîtrisable.
Elle est là pour s'occuper de lui et lui donner beaucoup de plaisirs.
Si toutes les conditions ne sont pas réunies, il en repère une autre plus docile.


Il évite les indomptables, il est malin, il repère vite celles qui sont maîtrisables. C'est qu'il est rusé comme un renard notre charmant poussin coq.
Ce n'est pas amusant pour lui de ne pas pouvoir jouer au chat et à la souris quand on est un poussin qui se prend pour le plus beau et le plus fort des coqs.
Sa souris ne peut pas être un mauvais et méchant rat qui ne se laisse pas impressionner par son sublime plumage.

 

 

 

Quand il est avec une gentille qui commence fermement à refuser ses caprices, il n'est pas content mais pas content du tout et il la remplace aussitôt par celle qu'il avait repérée, mine de rien.
Le poussin coq ne supporte pas la frustration et maman poule culpabilise dès qu'il est malheureux.

 

"Oh, le pauvre poussin, mais c'est qu'il est malheureux sans l'amour immense et les innombrables soins de maman poule !!!"


Mes poulettes, si vous voulez éviter celui qui se prend pour un superbe coq collé à vous, il est temps de cesser de vous prendre pour une maman poule.
Vous aussi, vous êtes collée à lui. Vous ne pouvez vous passer de votre rôle qui vous colle maintenant tant à la peau !
Et si vous arrêtiez de jouer un rôle qui vous rend coupable et responsable du bonheur de votre coq pas fini.


Laissez-le se débrouiller tout seul dans sa basse cour.
Les poulettes, il serait temps de grandir et d'aimer dans la joie et non dans la souffrance.
Qui a décréter qu'il fallait souffrir et se sacrifier pour aimer ?

Non, non, moi, je choisis de croire que l'amour, ce n'est pas d'être enfermée dans une triste basse cour pour toujours.
Pour moi, aimer, c'est un élan de vie, une énergie libre et créatrice et rien de plus.
Cela nous anime de l'intérieur.


Allez mes poulettes, laissez votre poussin grandir.
Il en a tant besoin et vous aussi.
Occupez-vous de vos affaires pour ne pas dire de votre derrière déplumé.
Ben oui, il vous a bien plumé pour ne pas dire un mot bien plus grossier.
Zou, mon joli poussin envole-toi !
Maman poule part en voyage, faire le tour d'elle-même pour quitter à jamais sa triste et petite basse cour pour se reconnecter à son âme d'enfant.


Ben oui, l'espace du théâtre de la vie est illimité et les rôles à jouer infinis !
Ça vous fiche la trouille, les grands espaces ?
Je vous rassure, à moi aussi.
Oui, j'avoue je me suis prise souvent pour une maman poule qui a eu peur de sortir de sa confortable basse cour.


Mais comme dirait si bien ma grand-mère, "le confort, c'est la mort".
Ah, je l'aime ma grand-mère !
C'est une visionnaire qui a su utiliser ses ailes pour voler haut dans le ciel.

Ah, je l'aime ma grand-mère !

Elle m'apprend à fortifier mes ailes et à voler haut

pour quitter à jamais ma volière.

 

Laurence Traineau,

"Maman poule et son poussin coq", le 11 septembre 2017